Les itinérants pourraient bénéficier d'un meilleur encadrement hospitalier.

Les dépendances n'ont pas besoin d'être soignées?

Avez-vous remarqué l'annonce des coupes de subventions aux prestataires de l'aide sociale qui veulent aller en thérapie avec hébergement? Avez-vous pensé qu'on allait économiser des millions de dlollars en arrêtant des fraudeurs ou des abuseurs? Mais vous êtes-vous seulement demandé de quoi on parle?
Des gens vont en thérapie d'un à dix mois en interne dans des ressources très peu subventionnées qu'on appelle communautaires. Ils vivent une année de remises en question avec d'excellents thérapeutes pour arriver à recommencer leur vie et se reconstruire. Il leur faut beaucoup d'humilité et de courage pour changer leur façon de fonctionner. Ils méritent un diplôme à la fin du traitement pour prouver tous les efforts qu'ils ont mis afin de traverser leurs souffrances
En réduisant leur allocation à 200 $ par mois, ces personnes démunies n'auront pas assez de moyens financiers pour couvrir les dépenses de la thérapie et comme cet équilibre est très fragile, ils n'iront plus se faire soigner. Ils seront 20 000 êtres humains en détresse, abandonnés. Ils souffrent de problématiques psychosociales sévères et on doit les aider. Les structures sont en place et ils sont 800 intervenants cliniques à risquer leurs emplois alors qu'ils se sont toujours dévoués pour le rétablissement de ces personnes.
Avez-vous déjà imaginé que les bénéficiaires de l'aide sociale que nous appelons affectueusement toxicomanes, itinérants, mésadaptés, alcooliques, criminels ou malades mentaux pourraient se sortir de leur misère, seul, sans soutien?
Malheureusement, je vous préviens que ça ne fonctionne pas aussi simplement, car les blessures et maladies ne se guérissent pas toutes seules. Des gestionnaires vont devoir offrir de nouveaux services à grands frais pour remplacer le système actuel et les patients ne s'y rendront peut-être même pas. Tout ça n'aura servi qu'à insulter des travailleurs et des bénéficiaires du réseau communautaire.
Ceux qui avaient une lueur d'espoir et l'envie de tout recommencer seront plutôt laissés à eux-mêmes. Pour certaines personnes aux prises avec des problèmes de dépendances, il ne restera qu'à tout casser ou à s'autodétruire...
Annie Marceau md
médecin de famille
Québec