Les blindés de Damoclès

Qu'on le veuille ou non, les véhicules blindés légers (VBL) de type LAV III développés par General Dynamics et vendus à l'Arabie saoudite sont considérés comme des véhicules d'armement léger par l'armée canadienne, une entente commerciale dénoncée par plusieurs ONG, telle Amnistie internationale.
De son côté, le ministre des Affaires étrangères, Stéphane Dion, s'est engagé à « suspendre ou à révoquer la licence d'exportation» à l'Arabie saoudite si des «informations crédibles» montrent que «le matériel militaire est utilisé à mauvaise escient», à savoir contre sa propre population.
Parmi les arguments évoqués par Stéphane Dion, le ministre allègue, entre autres, que le gouvernement libéral se devait d'honorer le contrat conclu sous les conservateurs de Stephen Harper « pour ne pas miner la crédibilité de la signature du Canada», ajoutant du même souffle que la résiliation du contrat équivaudrait à « abandonner les efforts » pour promouvoir les droits de la personne en Arabie saoudite, et qu'une telle décision entraînerait également des milliers de pertes d'emploi en Ontario.
Des arguments qui s'insèrent dans la realpolitik du gouvernement Trudeau dans un pays où les droits de la personne sont bafoués régulièrement... C'est pourquoi il m'apparaît que cette entente constitue une « épée de Damoclès » suspendue avec fragilité au-dessus de la tête de Justin Trudeau !
Henri Marineau, Québec