Les autochtones trahis

En 1534, les habitants du Nouveau Monde ont accueilli Jacques-Cartier avec politesse et curiosité. Ce fut le début de leur calvaire.
Et depuis, ils ont été trahis, bousculés, convertis, volés, violés, exclus et progressivement regroupés dans des réserves, ces prisons à ciel ouvert. On leur a pris leur identité, leur terre, leurs croyances, leur âme. Ils ont fait confiance, ils ont accepté de vivre autrement, de prier autrement, de manger autrement pour s'adapter et faire bon voisinage; ils ont été trahis, déshonorés, battus, écrasés.
Encore aujourd'hui ils sont les victimes: leurs enfants ne rêvent plus et leurs parents réclament la justice, le respect. Les peuples autochtones au Canada et, plus près de nous, au Québec, sont considérés par plusieurs comme des renégats, des moins que rien, des indésirables, des cancers de la société.
Et pourtant les Premières Nations étaient premières, les premières à occuper le pays, elles vivaient selon des règles respectueuses de Mère-Terre, avaient des lois, une histoire, des traditions, un patrimoine...
Il leur reste quoi? Même plus de rêves à rêver ni le jour ni la nuit. Ils n'ont même plus droit à une certaine justice, à un certain respect et à un minimum d'écoute. Ils avaient la fierté et ils ont maintenant la honte.
Sont-ils coupables ou victimes? Considérons le sort qui leur est réservé; peuvent-ils encore espérer être écoutés, respectés? Peuvent-ils encore espérer un peu de sympathie et être considérés comme des personnes ayant des droits, les droits de vivre sans craindre la police et la justice des Blancs? Et que font nos gouvernements?
André Drapeau, Saint-Roch-des-Aulnaies