L'enseignement... par défaut?

Il est troublant d'apprendre que près de la moitié des futurs enseignants ont échoué l'examen de français requis pour l'obtention de leur brevet d'enseignement.
Il est encore plus troublant de penser, comme le suggère Pierre Paradis par qui nous arrive la mauvaise nouvelle de la piètre qualité de la maîtrise du français de nos futurs enseignants, que ceux-ci optent pour l'enseignement «parce qu'ils ne sont pas assez forts pour entrer en médecine, en génie ou en droit».
Pour ma part, je me refuse à cautionner sans réserve cette affirmation, sachant à quel point l'enseignement est beaucoup plus qu'une profession au même titre que la médecine, le génie ou le droit... c'est une vocation! 
Je suis d'une époque où les enseignants étaient respectés autant par les pouvoirs publics que par les parents. Aujourd'hui, non seulement les éducateurs sont-ils soumis au mépris des gouvernements qui ne cessent de sabrer dans les ressources destinées à l'éducation, mais ils doivent composer avec l'arrogance de nombreux parents à l'origine d'une génération d'enfants-rois.
Les résultats dévoilés par La Presse n'ont pas de quoi redonner confiance dans le système public d'éducation et on peut facilement comprendre les parents qui se tournent vers le privé pour assurer une éducation de qualité à leurs enfants.
Toutefois, on aurait tort de faire porter aux futurs enseignants de l'État le blâme de la situation. Le problème est en amont et se situe davantage du côté de ces politiciens opportunistes et sans vision qui se sont succédé au fil des ans et qui ont appauvri le milieu de l'éducation au-delà d'un seuil qui frise, aujourd'hui, l'extrême pauvreté.
Et «opportunisme politique oblige», surtout en période préélectorale, voici que le Parti libéral prend les deniers publics pour tenter de nous convaincre, à grand renfort de publicité, que, pour le gouvernement actuel, l'éducation au Québec... c'est primordial! Mauvaise nouvelle pour vous, M. Couillard : nous ne sommes pas dupes!
Jean-Paul Plante, La Malbaie