L'empathie, à l'année

Lors d'une partie de hockey, il y a toujours l'équipe locale qui joue contre les visiteurs. En ce qui concerne les funérailles des victimes de la tuerie de Québec, cela n'existait plus. À l'aréna Maurice-Richard, où j'ai assisté à la cérémonie, nous étions tous unis, peu importe nos origines.
En attendant le début officiel de la cérémonie, j'observais la foule. Combien de ces personnes étaient issues de pays touchés par la guerre, où des centaines de civils perdent la vie. J'ai pensé qu'ils étaient sûrement nombreux ceux et celles qui, près de moi, s'inquiètent souvent pour leurs proches demeurés loin là-bas. 
J'écoutais les allocutions de M. Coderre, M.Couillard ainsi que M. Trudeau avec attention. Tous les trois ont discouru sur la fraternité, l'entraide et la compassion. Puis je me suis souvenue du 6 novembre, où j'ai posté une enveloppe à chacun de ces messieurs, ornée d'un dessin, afin de les inviter à porter le coquelicot blanc en guise de respect envers les victimes civiles des guerres. Vont-ils y songer le 11 novembre prochain? Notre empathie ne doit-elle pas s'exprimer 365 jours par année?
Martine Lacroix, Montréal
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Le déclic
Une décennie de chicanes identitaires et d'acharnement médiatique ont failli emporter l'harmonie sociale et sacrifier le bien-vivre ensemble qui régnait au Québec.
L'attentat de la mosquée de Québec est venu secouer les consciences et rappeler que le terrorisme n'est pas une exclusivité musulmane, mais un phénomène de l'Homme et de société et qui n'a ni origine, ni race, ni religion et ni couleur. L'attentat de dimanche nous alerte aussi du danger sournois du discours haineux et du geste qui divise.
On s'est vite rendu compte de la vulnérabilité de l'Homme qui peut, lorsque les conditions s'y prêtent, perdre son humanité et se transformer en monstre. On a aussi ressaisi la valeur de la paix et de l'harmonie sociale et pris conscience de l'effet ravageur de la haine, de la violence et de l'intolérance.
Ces musulmans longtemps stigmatisés, diabolisés et pointés du doigt, ont été durement frappés et endeuillés. Et le geste est reconnu terroriste et islamophobe.
Il est temps que s'ouvre une nouvelle ère sur fond d'harmonie et en direction du progrès.
Désormais ni les uns et ni les autres ne doivent se voir diables et méchants, mais bel et bien une variété de fleurs pour composer le beau bouquet : Québec/Canada!
Dr Brahim Benyoucef, Laval