Le troisième lien, les yeux fermés

Il n’y a rien d’étonnant à ce que le député de Lévis, François Paradis, réaffirme l’engagement de son parti de commencer la construction du troisième lien avant la fin du premier mandat du nouveau gouvernement. On ne s’étonnera pas non plus de lire que le maire de Lévis, M. Gilles Lehouillier, en ait maintenant la certitude de la réalisation d’un troisième lien à l’est. «Enfin le troisième lien va se réaliser» disait-il en entrevue au Soleil. Tous les deux ont en effet fait les gorges chaudes sur cette question avant et pendant la campagne électorale.

Ce qui inquiète cependant c’est d’entendre ces deux inconditionnels du projet s’engager à «nettoyer le mandat du bureau de projet» pour ne retenir qu’un seul élément, un lien à l’est. C’est d’une irresponsabilité caractérisée que de vouloir évacuer l’étude de toute autre solution aux problèmes de congestion routière de la région. S’aventurer tête baissée dans un projet de 4 à 5 milliards $ sans une étude complète de toutes les solutions de rechange est tout simplement indéfendable. Craignent-ils, ces deux élus, que le bureau de projet contredise leurs a priori? d’où leur volonté de «nettoyer» le mandat. Ils n’ont certainement pas lu la chronique de François Bourque «Le mythe d’un troisième lien à l’est» dans le Soleil du 25 août dernier où il déconstruit tous les arguments en faveur de ce projet. Sinon ils afficheraient une petite gêne à se faire les ténors de cette solution qui n’en est pas une.

Denis L’Homme, Lévis