Le syndrome de la peur en 2016

Selon le bilan de l'année d'Influence Communication, la peur a dominé la sphère médiatique québécoise en 2016, un constat qui s'inscrit dans une tendance mondiale à privilégier l'émotif au factuel et au rationnel. Un diagnostic inquiétant, qui vient s'ingérer dans le processus de la communication de l'information, laquelle se voit dépouillée de la sorte de toute forme d'objectivité essentielle.
Aux dires de Jean-François Dumas, président d'Influence Communication, «on a identifié une liste de plus de 200 mots-clés associés à la peur, telle la peur de Donald Trump, du Zika, des immigrants, du terrorisme, de l'effondrement économique». Toujours de l'avis de M. Dumas, la tendance s'inscrit dans la mouvance postfactuelle de l'information, «où l'on explique de moins en moins la nouvelle, mais on fait peur au monde, comme lorsqu'on résume des concepts en 140 caractères» dans les médias sociaux.
À mon sens, la peur la plus sournoise est de croire qu'on n'en a pas. Encore faut-il éviter le piège de la peur contagieuse suscitée par les tenants de l'information axée exclusivement sur la peur, et redonner aux organes de l'information les lettres de noblesse dont ils sont tributaires. À cet effet, la réflexion de Michael Moore revêt un caractère extrêmement révélateur: «L'ignorance mène à la peur, la peur mène à la haine et la haine conduit à la violence. Voilà l'équation.» 
Henri Marineau, Québec