Le «sauveur» du Québec

De quoi au juste M. Couillard nous a-t-il sauvés? À son arrivée au pouvoir, il a décidé qu'il y avait un déficit de sept milliards laissé par le PQ. Or, il n'existe pas de documents prouvant ce chiffre.
Partant de son principe, il a instauré un régime draconien en coupant ici et là sans se soucier du mal qu'il créait dans tous les ministères. Des gens en ont souffert. Des milliers de tous les milieux. Seuls les médecins s'en sont sortis plus riches! Ces mêmes médecins continueront de s'en sortir assez bien avec, encore, des augmentations de salaire. 
Mais, voyant la grogne s'installer partout, notre premier ministre a décidé de saupoudrer ici et là. Il affirme être revenu au déficit 0. Mais il avait atteint ce «0» en continuant de couper partout! Et maintenant il dégage de l'argent, argent qu'il nous a pris en coupant. Et il prétend sauver le Québec? 
En fait il a surtout sauvé son parti et son gouvernement. M. Couillard, on ne vous croit plus. Les élections partielles ont démontré que le PLQ est en chute libre. Et un remaniement ministériel ne changera rien à l'affaire, car ce sont les mêmes gens qui sont au pouvoir, peu importe qui est ministre de quoi. De plus, son arrogance à la période des questions en ne répondant pratiquement jamais aux questions est indigne d'un chef de gouvernement. À la place, il attaque les oppositions, leur reproche des faits antérieurs qui n'ont aucun rapport avec la question posée. 
La ligne du parti fait que les ministres font la même chose. Le sauveur aura bien du pain sur la planche pour nous prouver qu'il dirige un bon gouvernement. Ce n'est pas en remettant de l'argent qu'il s'en sauvera! Soyez vigilant, car d'ici les prochaines élections générales en octobre 2018 il tentera de nous faire croire que ce n'est pas de sa faute et il injectera de l'argent partout. Mais c'est trop peu trop tard, car trop de gens ont souffert.
Le sauveur du Québec ne veut pas débattre une heure avec M. Lisée de l'indépendance du Québec, comme l'a proposé le chef de l'opposition officielle et du Parti Québécois. Là non plus, il ne s'en sauverait pas!
Madeleine Boucher, Québec
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Nos contradictions
Les experts qui ont analysé le sondage CROP, dont les résultats sont parus dans le Soleil du 10 décembre, nous expliquent certaines contradictions qui en ressortent. Il y a une contradiction qui est moins évidente mais importante : 85 % des sondés «sont d'accord pour dire que le changement climatique est un problème majeur», alors que 77 % trouvent avantageux les traités de libre-échange. Pourtant, ces traités sont négociés derrière des portes closes par une élite économique (masculine surtout) non élue et déconnectée du citoyen. D'ailleurs, l'Accord économique et commercial global (AECG, CETA en anglais) entre le Canada et l'Union européenne donnera préséance aux profits des entreprises multinationales (pas des petites PME) avant toute considération environnementale. 
C'est ainsi que l'industrie des sables bitumineux a asservi l'Union européenne, initialement contre les énergies sales, en échange de l'ouverture de notre marché pour certains de leurs produits et services plus contestés. Au diable les changements climatiques et la COP 21! Et c'est sans compter les poursuites possibles si une loi protégeant l'environnement risque d'empêcher une industrie de faire des profits. Des exemples existent déjà.
Ne pas se sentir exclus exige de s'informer, à plus d'une source idéalement, car les médias ne sont pas toujours au rendez-vous, eux-mêmes ayant des intérêts à protéger; mais cela exige aussi d'agir! Les combats sont rarement faciles, car nos décideurs sont effectivement souvent acoquinés avec ceux qui peuvent leur assurer une réélection ou un emploi ultérieur. Cependant, le jeu en vaudra toujours la chandelle, car c'est une question de démocratie!
Lucie Bergeron, Québec