Le sacrifice des immigrants

Au cours de la dernière semaine, deux projets de loi ont été déposés par le gouvernement québécois qui visent implicitement les immigrants et leur causent préjudice. D’abord, le projet de loi 17 sème le désarroi chez plusieurs chauffeurs de taxi, dont 50 % au moins sont d’origine immigrante, en changeant les règles du jeu, et ce, au mépris de l’investissement d’une vie de plusieurs d’entre eux.

Et puis le projet de loi 21 s’annonce la même semaine, officiellement pour affirmer le principe de la laïcité de l’État et assurer la paix sociale. Implicitement toutefois, cette loi consiste en une manœuvre électoraliste dont les immigrants, spécialement les musulmans, subissent les dommages collatéraux. Car rien ne justifie l’adoption d’une telle loi. Même le rapport Bouchard-­Taylor en était venu à la conclusion en 2008 qu’il n’y avait pas de nécessité objective de légiférer sur les signes religieux. Le besoin de légiférer était plutôt de nature politique, pour répondre à la perception d’un problème que les médias n’ont cessé d’enfler ces dernières années. C’est ce que j’appelle, moi, du racisme systémique, de sacrifier une partie vulnérable de la population au nom de la libéralisation du commerce à tout crin et de la politicaillerie.

Anne-Marie Labrecque, Québec