Le Rwanda, la France et la Francophonie

La France ne veut pas que Michaëlle Jean soit reconduite à la tête de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF) en octobre. J’appuie sans réserve la décision du président Emmanuel Macron. Cela dit, son dessein de la remplacer par une candidate rwandaise, à savoir la ministre des Affaires étrangères Louise Mushikiwabo, qui a vécu aux États-Unis de 1990 à 2008, ne laisse pas de surprendre.

En 2009, le Rwanda est devenu membre du Commonwealth. À partir de 2010, l’enseignement public y est dispensé uniquement en anglais, supplantant ainsi le français (car le pays des mille collines a été une colonie belge pendant quatre décennies, des années 1920 jusqu’au début des années 1960). Nous savons que ce revirement spectaculaire a été opéré par le président Paul Kagame en réaction à l’attitude de la France, accusée d’avoir appuyé le clan hutu lors du génocide de 1994.

Cela considéré, pouvons-nous conclure que le Rwanda est un exemple à suivre dans l’OIF? Sûrement pas. Alors, pourquoi le récompenser en lui donnant la direction du Secrétariat général de la Francophonie?

Sylvio Le Blanc, Montréal