L'uniforme modifié gêne, bouleverse notre penchant pour la discipline et l'étiquette, observe l'auteur.

Le retour de l'uniforme officiel

Voilà un dénouement digne d'un bon film: une entente entre la Ville de Québec et ses policiers. Ce sera la fin du pantalon de camouflage et le port du pantalon officiel. L'uniforme réhabilité rehaussant le symbole d'autorité sans bavure.
Sachons reconnaître l'efficacité de cette désobéissance vestimentaire en période de négociations. Une manifestation empreinte de patience et d'irritation projetant ce refus de fléchir et de l'exprimer visuellement. Une prise de position ferme. Une opposition silencieuse. De la solidarité blindée.
La police sait mettre de la pression pour faire avancer les choses. C'est un peu la démonstration de son astuce dans l'art d'aborder les enquêtes. Le pantalon contrastant dérange silencieusement. C'est l'effet de la goutte, en quelque sorte. Rien ne résiste à la police.
Dans cette perspective, les infirmières devraient déployer autant de perspicacité pour ébranler le patron dépourvu d'ouverture d'esprit. Et que dire des autres travailleurs répétant des rituels usés: pancartes, grève du zèle, défilés, discours creux.
Un virage nécessaire: une trouvaille qui fissure le boss et le dispose à être plus généreux. L'uniforme modifié gêne, bouleverse notre penchant pour la discipline et l'étiquette. La police nous donne une leçon pertinente de stratégie.
Douglas Beauchamp, Québec