Le prototype Netflix

Mélanie Joly, l’alter ego féminin du beau et gentil Justin, n’est pas la seule à blâmer pour ne pas obliger Netflix à percevoir les taxes en vigueur. Sentant la soupe chaude, elle a changé de discours et renvoie maintenant la balle à Bill Morneau. Mais le cœur du problème, c’est que le cas Netflix fait partie d’une problématique plus large qu’elle ne contrôle pas.

Pour redonner sa grandeur à l’Amérique, Trump veut non seulement protéger les usines américaines; il veut également que les géants américains du web bénéficient de règles avantageuses. Ses négociateurs pour la révision de l’ALENA exigent notamment que les achats en ligne de moins de 800 $ ne soient pas taxés. 

Que Trump s’en tienne à son agenda visant à réduire le rôle de l’État et imposer l’hégémonie des entreprises américaines ne surprend personne. Mais que le gouvernement Trudeau engage le Canada dans l’engrenage et crée un précédent qui fera des petits est inquiétant pour la suite des choses. Quelle supercherie et quel cynisme de la part d’un gouvernement qui minimise la portée de son geste en disant ne pas vouloir taxer Netflix pour le bien de la classe moyenne. Du grand art pour le professeur d’art dramatique.

Serge Parent, Québec