Le premier ministre du Québec, Philippe Couillard, a mené, hier, une charge à fond de train contre le Parti québécois et les déclarations de certains de ses membres.

Le professeur Couillard!

Philipe Couillard devrait se méfier de lui-même! Le premier ministre, homme intelligent, aime bien jouer avec les concepts. Ainsi, en quelques jours, il a semé la confusion dans une partie de la population en parlant d'intégrisme, qui relèverait d'un choix personnel, puis de radicalisation. Et sa ministre Weil en a rajouté en parlant de valeurs (influence sans doute de Bernard Drainville)!
Le premier ministre  se trompe sur une chose capitale, à savoir qui sont ses interlocuteurs: il n'est pas dans une classe de séminaire de doctorat en sémiologie à la Sorbonne ou à Harvard, mais dans une classe nombreuse qui s'appelle la population du Québec. Et il est un homme politique et non un professeur d'université. Donc, il doit bien faire attention à son choix de mots et particulièrement lorsqu'il traite d'un sujet aussi émotif et diviseur que celui des rapports des Québécois avec le monde musulman.  
Philippe Couillard n'a manifestement pas le pif politique de feu Robert Bourassa. Au lieu de carburer à Napoléon, pourquoi ne méditerait-il pas davantage sur la façon de faire de la politique de l'ancien premier ministre libéral? Enfin, il semble bien que le métier de premier ministre s'apprenne principalement avec l'exercice de la fonction. Bonne et prompte étude, M. Couillard!  La population n'évalue pas le professeur, mais le politique!
Michel Lebel, Entrelacs