Lors des manifestations du printemps érable, de nombreuses vidéos prises par des témoins ou des manifestants montraient des interventions policières sous un mauvais jour. Pour se défendre contre ce qu'ils qualifient de «vidéos tronquées», les policiers demandent d'être équipés de caméras personnelles pour montrer leur point de vue.

Le prix à payer

Les syndicats et plusieurs autres associations mobilisent actuellement leurs membres en préparation d'un printemps d'enfer au Québec. Les manifestations monstres, souvent accompagnées de vandalisme et de violence, n'améliorent sûrement pas la situation financière précaire des finances publiques. Ces mouvements de contestation vont engendrer des coûts importants pour l'État et les organisateurs. Dépenses, qui en fin de compte devront être assumées de toute façon par les citoyens et les membres des organismes contestataires.
L'économie déjà anémique du Québec ne sera certainement pas stimulée par ce désordre social. Quels investisseurs, commerçants ou manufacturiers oseront prendre des risques dans un climat social si perturbé? On attendra, en espérant que ce mouvement de contestation ayant débuté avec le printemps érable, ne lance pas le Québec dans une spirale semblable à celle observée ailleurs sur la planète. Plus il y a de manifestations, plus ça va mal et plus ça va mal, plus il y a de contestations dangereuses pour la population et néfastes à l'économie et aux finances publiques.
Le blâme de ce printemps d'enfer à venir ne peut être imputé uniquement aux opposants aux coupures de budgets et de programmes du gouvernement Couillard. M. Couillard et les membres de son équipe n'ont pas suffisamment expliqué et justifié l'importance d'agir rapidement pour assainir les finances publiques. Notre sens de solidarité et de responsabilité n'a pas été adéquatement suscité pour que nous puissions comprendre et accepter l'urgence d'agir. Nous avons la mémoire courte. Deux de nos plus grands artisans de la social-démocratie québécoise, messieurs Bouchard et Lévesque, ont dû prendre des mesures draconiennes dans le passé pour éviter le désastre d'une augmentation catastrophique des frais d'intérêt de la dette publique, qui aurait mis encore plus en péril nos programmes sociaux.
Il est triste de constater ce qui se passe et ce qui va se passer au Québec. La cause profonde vient simplement du fait que nous vivons au-dessus de nos moyens depuis plusieurs années et que l'État n'est pas géré avec rigueur et honnêteté. En espérant que le prix à payer sur le plan humain et sur la prospérité ne sera pas fatal.
Robert Descheneaux, Lévis