L'oléoduc Énergie Est traversera le Québec d'est en ouest, sur une distance de 724 kilomètres. Mille huit cent quatre-vingt-treize propriétaires seront touchés.

Le pipeline du bonheur

Même si le sujet du pétrole albertain est lourd, certains voudraient qu'on le traite avec légèreté. C'est le cas des messages publicitaires du «Pipeline de l'Est», qu'on nous présente à la télé ces temps-ci.
Comme une publicité de savon, on veut laver plus blanc que blanc. Georges Orwell, auteur du roman d'anticipation 1984 en serait fier : un monde orwellien où les dictatures se succèdent en modifiant le passé pour mieux faire accepter le nouveau présent. Ici, on maquille le présent, pour mieux embellir le nouveau futur... Tout comme ce pétrole lourd que l'on doit diluer avec des produits chimiques pour qu'il voyage mieux dans le pipeline, n'assistons-nous pas à une volonté de liquéfaction de notre sens critique par ce genre de publicité? Nous faire croire que la nature sera plus naturelle après cette construction et qu'elle sera préservée intacte par la suite ne relève-t-il pas d'un raccourci intellectuel qui consiste à prendre les Québécois pour des valises?
À vouloir banaliser les enjeux qui touchent la survie de la planète et donc la survie des êtres humains, à vouloir tout ramener à des considérations économiques à courte vue, on se met la tête dans le sable «bitumineux», en allant rejoindre les fossiles conservateurs qui s'y retrouvent.
Marcel Perron, Neuville