Le «Petit Larousse» anglophile

Dans mon Petit Larousse français, la légende de la photo illustrant l’entrée Ottawa comporte cette anomalie : «Rideau Street». Pourquoi pas simplement «rue Rideau»?

Pour tout arranger, on fait suivre le toponyme «rivière des Outaouais» par son équivalent anglais, «Ottawa River», entre parenthèses. Pourquoi s’être arrêté en si bon chemin et n’avoir pas traduit en anglais «Ottaviens» (les habitants d’Ottawa) et «Musée des Beaux-Arts du Canada»? La capitale canadienne est bilingue, mais je ne croyais pas que mon Petit Larousse l’était. Il faudrait rappeler à l’illustre dico qu’une bonne partie de l’Ontario — qui s’en prend encore farouchement à ses francophones — a été «découverte» par nul autre que Samuel de Champlain et que les Français s’y sont établis avant les Anglais. Le Petit Larousse me semble être victime, à l’instar de la France tout entière, d’anglophilie carabinée.

Sylvio Le Blanc, Montréal