Le père Goyette l'avait prédit

Au moment où j'apprends le risque sérieux d'un affaissement au clocher de l'église Saint-Sauveur, plus rien ne m'étonne. Déjà, j'avais remarqué la forte inclinaison de cette magnifique et élégante structure. Cependant, il m'est revenu à l'esprit les propos exprimés par le père Georges Goyette, un vicaire pendant de longues années et jusque vers 1967.
Le père Goyette, alors retiré au pavillon Saint-Dominique en 1975, craignait l'écroulement du clocher de son ancienne paroisse. Ses propos me semblaient étonnants et je pensais que le bon père s'inquiétait pour rien d'un improbable désastre. Je me rappelle les funérailles émouvantes du père Goyette en 1976, dans une église remplie à pleine capacité, présidées par le cardinal Maurice Roy. Ce religieux oblat, au style plutôt austère, avait profondément marqué des générations de jeunes dans cette paroisse populeuse de la basse-ville où son apostolat et sa générosité en avaient fait une sorte de curé d'Ars. 
Ce prêtre chétif, à la santé délicate, semblait lire dans les coeurs et entrevoir les événements à venir. La crise liturgique qui sévissait dans l'Église l'avait beaucoup affecté et ses dernières années terrestres furent marquées du sceau de la croix. Ses restes reposent aujourd'hui au cimetière Saint-Charles, auprès des ses confrères oblats et du père Victor Lelièvre qu'il avait côtoyé pendant ses années de vicariat à Saint-Sauveur. 
Comment ne pas me rappeler les inquiétudes prophétiques du père Goyette au moment où on craint une possible perte de notre patrimoine sacré. L'impressionnant carillon de cette église résonne encore dans mes souvenirs, et la beauté de ce temple abritant des oeuvres de Charles Huot demeure un héritage fragile et incomparable.
Denis Pelletier-Coté, Québec
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Le déclin des bélugas
Aujourd'hui encore, les spécialistes ne savent toujours pas où les bélugas du Saint-Laurent, qui poursuivent leur déclin, passent l'hiver. Cela me semble invraisemblable, comme si cette espèce n'était pas protégée. Manifestement, les ressources manquent pour comprendre les habitudes de ce mammifère marin. Quand nous aurons perdu les quelque 900 individus restants, il sera trop tard pour l'étudier. Nous devrions nous inspirer des Chinois, qui déplacent des montagnes pour sauver les derniers grands pandas.
Sylvio Le Blanc, Montréal