Le pays du Québec dans le formol

Le magnifique documentaire Pauline Julien : intime et politique qui retrace le chemin d’une combattante pour la libération du Québec, m’a replongé dans mes souvenirs. Accompagné par les paroles de Claude Gauthier, j’ai refait le plus beau voyage de mon enfance à aujourd’hui… J’ai revu mes appartenances… Le plus heureux flash de ma vie.

Comment un peuple peut-il se renier à ce point et en arriver à refuser de naître? Voilà une question existentielle dont les réponses se perdent dans les limbes de l’incompréhension.

Pourtant, comme des parents qui attendent la venue d’un enfant, la société québécoise avait préparé la naissance du pays. Elle avait voulu protéger sa langue, son territoire, ses ressources économiques, sociales et culturelles, elle avait voulu assurer son éducation, sa santé et faire en sorte qu’il puisse s’épanouir dans le concert des nations.

Toutes ces conditions réunies auraient dû permettre le passage d’un peuple colonisé vers sa libération. Or, au lieu de se faire confiance, les Québécois ont plutôt écouté les prophètes de malheur au moment des deux référendums. Rejetant le projet de société souverainiste, ils ont plutôt opté pour un projet de satiété de leurs besoins matérialistes individuels dans un Canada où ils seront de plus en plus des figurants minoritaires. À cet égard, les résultats de la dernière élection sont venus confirmer cette tendance lourde de conséquences.

Le projet souverainiste vit actuellement sous le respirateur artificiel. S’il ne se passe rien, nous le retrouverons bientôt dans le formol de l’oubli. J’ai le mal de ce pays qui est mort-né dans l’indifférence et l’indolence d’une population aphasique qui se trémousse dans l’artificiel et dans la pauvreté de ses convictions. Comme notre ami Gauthier, «Je suis Québec mort ou vivant!» Mais comme le chantait Pauline Julien : «It’s too late…»  peut-être?

Marcel Perron
Neuville