L'auteur aimerait que les maisons de soins palliatifs offrent l'aide médicale à mourir plutôt que de transférer leurs patients désireux de s'en prévaloir à l'hôpital.

Le patient est-il important?

Voici ma réaction à une sollicitation reçue de la part d'une fondation d'un établissement de soins palliatifs à la suite de la déclaration commune de ces maisons qui ont signifié leur refus d'appliquer la nouvelle loi sur l'aide médicale à mourir.
«Je suis désolé de vous apprendre que je voudrais être retiré de votre liste de donateurs.  
La décision de votre établissement de ne pas offrir de service d'aide à mourir m'attriste. Si jamais je voulais ce service tout en étant chez vous, vous m'enverrez à l'hôpital. Arrêtons de finasser et aussi bien prévoir me diriger tout de suite à l'hôpital pour y recevoir le soin auquel j'estime avoir le droit. Vous comprendrez qu'en toute logique, il vaut mieux que je contribue à la fondation d'un établissement qui assurera ce service.
Il est quand même curieux que, dans la prise de position de tous les centres de soins palliatifs, le souhait du patient ne soit pas pris en compte, mais celui d'une idéologie camouflée sous le nom "d'approche".
Dommage. »
Je conviens que ces établissements ont sans doute le droit d'exercer leur «opting out». Moi aussi. Comme bien des personnes de la classe moyenne, ma capacité de donner a une certaine limite. Mes dons seront donc dirigés à l'avenir vers des établissements qui m'assureront, si je le demande, une aide médicale à mourir. Et j'espère que les citoyens qui pensent que la loi sur l'aide à mourir a du sens devraient faire de même. Les établissements de soins palliatifs repenseront sans doute leur position.
Michel Leclerc, Québec