Le mur de Jean-François Lisée

Récemment, il a fallu une conférence de presse de quatre ministres libéraux du Québec pour sortir le ministre Garneau de son orbite fédérale et le faire atterrir sur le terrain des préoccupations québécoises en matière d’immigration irrégulière.

De son côté, le Parti québécois avait suggéré au gouvernement Couillard de faire des pressions auprès de son homologue fédéral pour soustraire momentanément le Canada de l’entente qui le lie aux États-Unis dans le domaine de l’accueil des nouveaux réfugiés. Car, comme on le sait, si le gouvernement Trudeau fait des invitations, c’est le Québec qui paie la note pour l’entrée irrégulière de 50 % des réfugiés par le Chemin Roxham.

Devant les tergiversations des gouvernements Trudeau et Couillard, Jean-François Lisée a voulu créer une image forte en proposant d’élever une clôture pour empêcher l’entrée de ces personnes immigrantes par cette route afin que ces dernières utilisent les postes frontaliers réguliers canadiens. Bien sûr, il fallait prendre cette suggestion de Lisée au second degré et y voir plutôt une réaction d’exaspération et d’impuissance devant la nonchalance fédérale en cette matière.

Comme dans de nombreux autres domaines, les décisions fédérales visent souvent une moyenne canadienne en plaçant le Québec dans une voie de passage difficile. Le cas des entrées irrégulières par le Chemin Roxham illustre bien la dépendance québécoise envers un gouvernement fédéral qui impose ses politiques aux provinces.

C’est cette façon de faire qui a poussé une partie de l’électorat québécois à vouloir se soustraire d’un fédéralisme ponctué de négociations permanentes et interminables qui débouchent trop souvent sur des conclusions frustrantes pour le Québec. 

C’est tout cela qui se cachait peut-être derrière le mur de Lisée.

Marcel Perron, Neuville