Le miroir aux alouettes

S'il faut en croire la Commission de l'écofiscalité du Canada, l'accès aux autoroutes est gratuit, et une tarification à l'usage serait une façon de désengorger le réseau routier.
Il en générerait des économies dont les contribuables bénéficieraient en bout de ligne. Aie-je bien lu? D'abord, établissons que personne n'est contre la vertu, mais l'accès au réseau routier n'est pas gratuit. Tous les contribuables ont payé et paient encore de leurs taxes et impôts la construction de ces infrastructures et en défraient l'entretien.
Rappelons-nous qu'il y a sur chaque litre d'essence, une partie des taxe précisément destinée à l'entretient du réseau routier. Pour ce qui est du retour sur l'investissement, il y un parallèle à faire avec le prix de l'essence. Depuis deux ans, le prix de l'essence a diminués d'environ 40 %. Les courses en taxi coûtent-elles moins cher? Le transport en commun coûte t'il moins cher malgré l'augmentation de la clientèle? La portion transport de notre panier d'épicerie a-t-elle diminué? Les billets d'avion coutent-ils moins cher?
Je signale au passage que la plupart des compagnies aériennes chargent encore des frais de carburant et ce, même s'il en coûte moins pour faire le plein des avions. Il y a certainement d'autres moyens de rationnaliser l'usage des réseaux routiers mais de fouiller encore et toujours dans les poches des citoyens et citoyennes est de la loin la solution la plus facile et celle qui demande le moins d'imagination. De croire qu'un péage ou une quelconque tarification sera bénéfique aux contribuables et qu'ils en tireront avantage est un miroir aux alouettes et relève de la pensée magique.
Richard Marcoux
Québec