Le marathon de l’enclave

Monsieur le maire,

Quel marathon pour se rendre en ville! Mon fils travaillait dimanche matin avenue Cartier. Il est parti de Sainte-Foy et il a été impossible pour lui de se rendre travailler à son horaire habituel. Aucun accès vers le nord sur toute la longueur de la Grande Allée et rendu aux Plaines, il a fallu descendre la Cote Gilmour vers le sud jusqu’au Boul. Champlain. Nous étions complètement enclavés. Je suis revenu sur mes pas avec lui pour le laisser aux coins des Plaines afin qu’il termine à pied son parcours.

Quant à moi, il m’a été impossible de m’approcher davantage de ma destination qu’au Marché du Vieux-Port, après avoir  descendu à nouveau la côte Gilmour une deuxième fois, puis vers l’est puisqu’il était interdit  de traverser au nord. J’ai dû laisser ma voiture en face du Marché pour me rendre à pied à mon bureau dans Saint-Roch. Notre droit de se déplacer librement peut être restreint malgré les Chartes mais encore faudrait-il que cela se fasse de manière sécuritaire. Heureusement que je ne suis pas infirmier ou médecin.

Je me joins à certaines critiques qui considèrent que la Ville de Québec risque d’être surexploitée sans vergogne. Il ne faut pas qu’elle devienne une bébelle entre les mains de quelques entreprises aussi louables soient elles. Plus de respect s’impose. Des citoyens l’habitent et la soutiennent depuis des décennies alors que ces promoteurs se poussent rapidement pour le Lac Beauport, Saint-Ferréol ou Stoneham, haut lieu de l’équité fiscale.

La recherche d’un meilleur équilibre s’impose avant de déshumaniser complètement ce qu’il reste à Québec d’authentique: ses habitants, sinon les vieux murs de pierre vont finir par ressembler à des pierres tombales sans âme.

François Leduc, Avocat, Québec