Nathalie Normandeau

Le lynchage

Par les temps qui courent, les adversaires politiques du PLQ jubilent, traitent Nathalie Normandeau et Sam Hamad comme des pestiférés et les condamnent séance tenante. Pourrait-on laisser le Commissaire à l'éthique et les tribunaux faire leur travail? Normalement, lorsqu'une cause est devant les tribunaux, on ne la commente pas.
Mais le monde politique suit une dynamique qui lui est propre. La juge France Charbonneau, issue du monde juridique, avait choisi de suspendre les travaux de sa commission durant la campagne électorale pour ne pas être accusée de faire de la politique. Au contraire, Robert Lafrenière a choisi de faire de la politique en déposant des accusations un jour de budget. Le mandarin savait que le budget et ses orientations socioéconomiques passeraient en second lieu. Lorsque Bernard Drainville travaillait à Radio-Canada, il attaquait Philippe Couillard sur le thème de l'intégrité. Il faisait de la politique.
On peut et doit faire de la politique sur le thème de l'intégrité, mais pas en prenant des raccourcis et portant des jugements sommaires. De tels procédés permettent peut-être à ceux qui les utilisent de se faire accorder une attention et une crédibilité qu'autrement ils n'auraient pas, mais ils nourrissent le cynisme envers la classe politique en général. Je crois que la grande majorité des élus ont le sens de l'État et font de la politique pour les bonnes raisons.
Serge Parent, Québec