Tereska Gesing, cofondatrice de Semis urbains, a plus d'un tour dans son sac à jardinage.

Le jardinage urbain pour enrayer la faim, vraiment?

En réaction à l'article «Paris, ville de culture» de la journaliste Marie-Claude Lortie de La Presse
Est-ce que cultiver des potagers urbains, comme à Paris, peut vraiment aider à réduire la faim dans le monde? Voyons voir. Au niveau mondial, 5 milliards d'hectares sont exploités pour produire toute la nourriture que nous consommons, soit près de 7000 m² par personne (et il manque de nourriture pour 400 millions de personnes.)
Je dois aussi supposer que cette agriculture urbaine a un rendement moyen égal à celui des terres gérées par des agriculteurs professionnels, ce qui me semble très optimiste, de nombreuses techniques agricoles devant être maîtrisées et ça ne s'improvise pas.
Pour Paris, les quelques hectares plantés ne peuvent nourrir qu'une dizaine de personnes toute l'année sur les 2,25 millions que compte la ville. Si l'on couvrait l'ensemble des 105 km² de la ville (incluant dans les rues), on ne pourrait que nourrir 15 000 personnes. Parlez, si vous voulez, du plaisir de jardiner ou de se faire une salade avec ses propres légumes, mais arrêtez de parler du jardinage urbain comme de la dixième merveille du monde. C'est ridicule.
Carl-Stéphane Huot
Québec