Le Guatemala et le Canada

Seuls 9 pays sur 193 ont voté contre la résolution onusienne condamnant la décision des États-Unis de déménager leur ambassade de Tel-Aviv à Jérusalem, dont le Guatemala. Mais ce pays d’Amérique centrale est allé plus loin en décidant récemment de faire pareil que les États-Unis. Pour le remercier, Tel-Aviv donnera-t-elle le nom du président guatémaltèque, Jimmy Morales, à une station de train, comme elle prévoit le faire avec celui de Donald Trump?

Le président bolivien, Evo Morales, sait ce qui motive le Guatemala: «Certains gouvernements vendent leur dignité à l’empire [états-unien] pour ne pas perdre les miettes de l’USAID», à savoir l’Agence des États-Unis pour le développement international. Souvenons-nous de John Negroponte, l’ambassadeur états-unien à l’ONU en 2003, annonçant sèchement à l’ambassadeur d’un petit pays africain la fin immédiate de leur aide après un vote hostile sur l’Irak.

Les sept pays (le Guatemala, le Honduras, les îles Marshall, la Micronésie, Nauru, Palau et le Togo) qui ont voté avec Israël et les États-Unis ne peuvent se passer de l’aide états-unienne et sont prêts à toutes les compromissions pour continuer de la recevoir. N’empêche, la décision du riche Canada de s’abstenir de condamner les États-Unis m’apparaît plus méprisable encore que celle de ces pays pauvres, dont certains font face à la banqueroute ou encore luttent carrément pour leur survie.

Sylvio Le Blanc, Montréal