Le premier ministre du Canada, Stephen Harper

Le dernier geste du gouvernement Harper : violer les règles démocratiques

Encore une fois, les conservateurs ont changé les règles du jeu pour limiter les débats démocratiques. Après avoir maintes fois limité les débats des députés en Chambre, voici que les conservateurs récidivent au Sénat, avec le projet de loi C-377; cette limitation des débats constitue une entorse aux règles du Sénat : le dernier geste du gouvernement Harper au cours de la 41e législature a été de violer les règles démocratiques.
De l'avis des conservateurs majoritaires au Sénat, cette entorse aux règles du Sénat était nécessaire pour contourner les obstacles dressés par les opposants au projet de loi. Quand on s'oppose à la volonté majoritaire des conservateurs, ils ont, selon eux, le droit de changer les règles en abusant de leur majorité. Bravo, belle idée de la démocratie! D'autant que sept provinces canadiennes s'opposent à cette loi qu'ils jugent inconstitutionnelle parce qu'elle contrevient à la division des pouvoirs, le domaine du travail étant de compétence provinciale; ces sept provinces vont d'ailleurs attaquer la loi C-377 devant les tribunaux.
Qu'est-ce que cette loi change dans notre vie à tous? Elle oblige les syndicats locaux à donner annuellement des informations financières au gouvernement, information que les membres, les personnes concernées, ont déjà de toute façon. Avec cette loi, seules les organisations syndicales doivent s'astreindre à cet exercice. La loi ne s'applique pas aux nombreuses autres organisations professionnelles qui font payer des cotisations à leurs membres! Bref, cette loi n'a qu'un seul but : casser les syndicats.
La loi C-377 corrige des problèmes qui n'existent pas. Le syndicat moyen sera obligé de consacrer de 200 à 400 heures par année à l'établissement des déclarations, ce qui coûtera beaucoup d'argent. Et imaginez les coûts, à l'autre bout, pour traiter et analyser tous ces rapports... Donc, des syndicats affaiblis, qui ont moins de temps, d'énergie et de ressources pour défendre les droits des travailleurs. Avec une loi comme C-377, on voit déjà se profiler des baisses de salaires, des détériorations des conditions de travail et pas seulement pour les syndiqués, mais pour tous les travailleurs.
À qui profitera cette loi? Au patronat, à ceux qui contribuent aux caisses conservatrices. Le 19 octobre, syndiqués ou pas, souvenez-vous que les conservateurs ne respectent que les intérêts de ceux qui les appuient. Je me souviens et me souviendrai le 19 octobre, et vous?
Ghislaine Jalbert
Montréal