Plus de 200 bénévoles ont assemblé des paniers de Noël le 19 décembre.

Le délit d'être pauvre

Le gouvernement du Québec a adopté une loi qui vise à réduire à la famine ceux et celles qui manquent de zèle dans la recherche d'un emploi. Ces prestataires que l'on pourchasse vont allonger la liste des pauvres qui sont en attente de paniers de Noël. On tape sur la tête des plus démunis quitte à s'en remettre à la charité privée pour pallier le resserrement de l'aide publique.
Il en est ainsi parce que l'État manque d'argent, nous dit-on. Mais ce manque résulte en partie du fait que l'État se prive de ressources qui lui reviennent. Par exemple, on laisse émigrer dans des paradis fiscaux des milliards de dollars qui devraient servir à répondre aux besoins collectifs, à commencer par ceux des plus démunis. «Les paradis fiscaux, une maladie qu'il faut enrayer», nous dit Joseph Stiglitz, Prix Nobel de l'économie. Mais il semble plus simple de taper sur la tête des plus démunis que de rappeler à l'ordre de grandes entreprises qui font fi de leurs obligations sociales. 
Louis O'Neill, Québec