Jean Garon au côté de Jacques Parizeau, deux semaines avant que ce dernier soit élu chef du Parti québécois en mars 1988.

Le courage politique rarement récompensé

Jean Garon, qui vient de nous quitter, faisait adopter la Loi sur la protection du territoire agricole en 1978, grâce à l'appui du président Couture de l'UPA, et malgré l'opposition des spéculateurs immobiliers et de nombreux maires, alors qu'un des ténors libéraux qualifiait cette loi de vol envers les cultivateurs. Cette réforme audacieuse destinée à ralentir l'étalage urbain a eu un impact positif dans l'électorat à l'élection de 1981.
Jean Garon, qui vient de nous quitter, faisait adopter la Loi sur la protection du territoire agricole en 1978, grâce à l'appui du président Couture de l'UPA, et malgré l'opposition des spéculateurs immobiliers et de nombreux maires, alors qu'un des ténors libéraux qualifiait cette loi de vol envers les cultivateurs. Cette réforme audacieuse destinée à ralentir l'étalage urbain a eu un impact positif dans l'électorat à l'élection de 1981.
Malheureusement, il s'agit d'un cas exceptionnel où une action courageuse d'un politicien est accueillie favorablement par la population. Lorsque Lucien Bouchard a imposé le virage ambulatoire en santé, il a suscité une levée de boucliers dans tous les milieux et, malgré sa popularité personnelle, il a été réélu de justesse en 1998, avec moins de votes que les libéraux. S'il y a eu certaines erreurs dans la recherche du déficit zéro, j'ai pu constater personnellement que la chirurgie d'un jour favorisait une convalescence plus rapide qu'une hospitalisation de plusieurs jours pour une intervention chirurgicale identique subie antérieurement.
La Loi sur les fusions municipales est un autre exemple d'une décision politique courageuse ayant eu un effet négatif à l'élection suivante. J'admire l'honnêteté intellectuelle du maire actuel de Lévis qui s'était opposé à la création du grand Lévis et reconnaît que le maire Garon avait eu raison de favoriser la création d'une seule ville à Lévis.
Les fusions ont mis fin aux luttes de clocher et permis à moyen terme la création de centres urbains plus dynamique dans toutes les régions. Cependant, cette loi a contribué à la défaite du Parti québécois en 2003. En effet, à court terme, cette législation heurtait le sens d'appartenance des citoyens des villes fusionnées. Par conséquent, dans nombre de comtés, les électeurs alléchés par les promesses de défusions et d'une réduction de l'impôt sur le revenu de cinq milliards de dollars ont tourné le dos au Parti québécois, notamment dans notre région.
Les électeurs qui ne cessent de reprocher aux politiciens de manquer de courage et de leur faire des promesses fallacieuses devraient faire un examen de conscience sur leurs réactions lorsqu'une mesure impose temporairement des sacrifices alors qu'elle est essentielle pour l'avenir de la société.
Bertrand Gagnon, retraité, Québec