Le PQ a célébré avec 24 heures d'avance la Journée internationale de la femme en dévoilant les candidatures de Mmes Lamarre et Desrosiers, ainsi que celles de quatre Maghrébines qui vont monter au front pour défendre la Charte de la laïcité.

Le «cas par cas» plus insidieux que la Charte pour inciter à la xénophobie

Ainsi, la charte des valeurs et sa laïcité inciteraient à la xénophobie. Quelle affirmation gratuite! Et surtout, sur quelles études repose cette affirmation?
Et si c'était le fait d'accorder des accommodements religieux au cas par cas qui avait incité les gens à la xénophobie? Et si c'était le fait que l'émancipation du religieux entamée par la Révolution tranquille se voyait entravée par des pratiques religieuses qui veulent s'incruster ou s'immiscer dans la sphère publique? Et si c'était ça qui «énervait» les Québécois? On n'a quand même pas rêvé l'histoire de la charia chez notre proche voisin ontarien!
La laïcité est fondé sur l'universel. Elle ne veut promouvoir dans la sphère étatique que ce qui est commun à tous. Elle propose donc de reléguer à l'espace privé les pratiques religieuses et leurs signes parce que ceux-ci ne relèvent que de quelques-uns. Cela ne les annihile en rien et n'attente pas aux droits et libertés. C'est, il me semble, un traitement des plus égalitaires qui n'a rien de xénophobe. C'est l'acceptation d'un principe  qualitatif qui n'a rien de quantitatif.  
Si on remonte au moment déclencheur où la «chicane» a pris, c'était justement quand on a perçu, à tort ou à raison, que des pseudos accommodements raisonnables étaient finalement des accommodements religieux qui n'avaient rien de raisonnables.
Si on veut s'émanciper du religieux au Québec, ça n'a rien à voir avec la xénophobie. Cependant, les règlements de litiges au cas par cas me semblent beaucoup plus insidieux et menaçants pour inciter à la xénophobie. À preuve, les discours actuels que l'on se plaît à qualifier de xénophobes portent plus sur des «cas» que sur le principe fondateur de la laïcité.
Gisèle Filion, Montréal