Le bruit de Dorval et le silence de Mirabel

J'éprouve beaucoup de sympathie pour les gens de l'ouest de Montréal écrasés par le bruit produit par les avions descendant sur l'aéroport de Dorval, et qui dépasse nettement les 55 décibels acceptables. Je souhaite vraiment que leur recours collectif porte fruit.
Je me souviens, par ailleurs, qu'il y a quelques années les gens de Mirabel ont mené une lutte héroïque pour garder ouvert leur aéroport. Ce dernier signifiait emplois et stabilité économique, compensation bienvenue, mais tardive pour les expropriations sauvages dont ils avaient été victimes dans les années 70.
Malgré leur juste cause et l'argument frappant d'un aéroport situé dans une région peu peuplée, ces citoyennes et citoyens ont dû baisser pavillon devant le monde des affaires de l'ouest de l'île de Montréal qui, comme d'habitude, n'ont pensé qu'en termes strictement économiques sans se préoccuper des quelque 200 000 personnes condamnées à vivre sous le couloir d'atterrissages bruyants des gros transporteurs aériens.
Mirabel a été un aéroport mal conçu qui, entre autres choses, n'a pas reçu le lien ferroviaire qui lui était nécessaire. Dorval, désormais porteur du nom de celui qui a créé le fiasco à Mirabel, est nettement trop près d'un territoire trop densément peuplé.
Normand Breault, Montréal