Le bon côté des quotas

Réaction à l'article «Production de sirop d'érable - Québec songe à abolir les quotas» de Jean-Michel Genois Gagnon
J'ai lu avec beaucoup d'attention vos textes publiés dans l'édition de 12 février dernier. J'y retrouve cependant, et je le déplore, un seul côté de la médaille. À mon avis, vous auriez dû expliquer les bons côtés du système des quotas et des plans conjoints dans le sirop d'érable. Je suis d'avis que la fin du contingentement risque de fragiliser les petits producteurs de sirop.
Les plans conjoints en agriculture et le système de contingentement sont à l'agriculture ce que les conventions collectives sont au marché du travail. Dans ce cas-ci, les plans conjoints permettent aux producteurs de sirop d'érable, regroupés dans leur Fédération, de négocier collectivement avec les acheteurs-transformateurs-exportateurs. Le système a permis aussi une amélioration des prix versés aux producteurs et l'élimination d'une multitude d'intermédiaires qui débarquaient autrefois dans les cabanes à sucre en achetant la production à vil prix.
Il faut aussi mentionner ce que voudrait dire la fin des quotas pour une multitude de petits producteurs. Les prix risqueraient de fluctuer au gré des exigences des acheteurs ou de l'abondance de la production selon la qualité de la météo au printemps. Sans rapport de force, pour les acériculteurs avec une capacité de production de seulement quelques milliers d'entailles, et les statistiques montrent qu'ils sont la majorité, ce nouveau contexte du marché pourrait bien leur être très difficile.
Pierre Dubois, ingénieur forestier et propriétaire d'une érablière de 2000 entailles