L’auto solo

Pour freiner l’auto solo, il faudra de la coercition à court et moyen termes. Les politiciens se gardent bien d’aborder le sujet, ce n’est électoralement pas rentable; promettre des milliards semble plus fructueux. Dans nos parages, les rues et stationnements des commerces sont envahis principalement par les véhicules d’étudiants. On voit aussi des travailleurs quitter leurs foyers chacun dans leur véhicule alors qu’ils pourraient marcher cinq minutes pour prendre un autobus qui les laisserait à leur travail en 30 minutes.

Les beaux projets de Québec et de Montréal réalisés à coup de milliards feront sans doute long feu tant les mentalités de confort en solo sont enracinées. Les tramways et autres grands véhicules continueront de circuler «allège» une bonne partie de la journée. Il ne semble pas que les plans de mobilité durable annoncés jusqu’ici aient été élaborés en tenant compte des nouvelles technologies basées sur des véhicules de diverses capacités, avec ou sans conducteur, pouvant être mises en place graduellement sans investissements initiaux de milliards. Pour forcer les politiques, il appartient à la société civile et aux experts de proposer des mesures et des ouvrages conçus selon une science progressive des transports.

Jean-Marie Desgagné, Québec