Pierre Karl Péladeau

L'ambivalence de Péladeau

PKP est dans l'eau trouble. Le difficile passage du monde affairé et calculé des affaires au monde turbulent et imprévisible de la politique ne se fait pas en douce.
Dans un passé pas si lointain, PKP pouvait gérer ses affaires sans que personne n'ait un droit de regard sur ses activités. Dans un autre passé beaucoup plus récent, PKP doit se mêler des affaires de l'État en n'oubliant jamais que tout le monde a un droit de regard sur ses activités, ses paroles et ses moindres gestes.
Il n'y a pas si longtemps, quelqu'un m'affirmait qu'il aimait mieux un premier ministre qui contrôle un empire médiatique majeur à un autre empire médiatique, de même taille, qui contrôle un premier Ministre. Les deux formules s'inversent mais elles ne sont pas d'égale valeur.
L'homme politique ne peut posséder le contrôle de la moitié des médias québécois et se dire absolument neutre. Il peut toujours influencer ceux-ci. L'homme politique qui est au pouvoir, avec l'aide d'une bonne partie des médias, peut toujours les ignorer totalement ou en partie, suite à la prise de pouvoir.
PKF doit jouer visière levée. Ou bien, il quitte la vie politique pour s'occuper de ses affaires, ou il fait le deuil de ses affaires pour se consacrer totalement à la politique.
PKF croit à l'indépendance du Québec. C'est son choix et sa conviction. Indépendant de fortune, il n'est pas obligé d'occuper une banquette à l'Assemblée nationale pour défendre son idée.
Avant son élection au poste de premier Ministre, René Lévesque - sans être élu à l'Assemblée - a arpenté le Québec, de long en large, pour expliquer son option. PKP pourrait avoir le goût de chausser les souliers de l'ancien chef du PQ. Il pourrait le faire quand il veut et comme il le veut. Comme les ténors indépendantistes clament qu'il faut unir les forces dispersées, PKF, à temps plein, pourrait se donner ce rôle. Le fera-t-il? Probablement pas!
Il est plus difficile de descendre dans les sous-sols des salles paroissiales que d'être braqué devant une caméra et, par ricochet, passer à la télé au bulletin de nouvelles en fin de soirée. Les médias sont bien plus importants que le contact direct avec les gens ordinaires. Que PKP le veuille ou non, son nom est collé aux médias et pour s'en sortir, il devra se mêler à la foule qui ne le connaisse pas, qui ne l'a jamais côtoyé, qui espère le voir et l'entendre.
Nestor Turcotte, Matane