Laissons partir Uber

La multinationale Uber a d'abord fonctionné sur le territoire du Québec en ne respectant pas la loi. En dépit de ce constat, le gouvernement du Québec, dans sa grande sagesse, lui a permis de continuer à offrir ses services à la population dans le cadre d'un projet pilote devant être évalué à terme. Les retombées sévères sur l'industrie du taxi semblaient alors être le moindre de ses soucis. Quelle tristesse!
À cette étape-ci, notre bon gouvernement pose des conditions de renouvellement du projet pilote qui visent à assurer une plus grande protection du public. Le premier ministre Couillard se donne la peine de préciser que ce n'est pas négociable.
Le directeur général d'Uber pour le Québec trouve que les conditions sont trop sévères et annonce que les opérations de l'entreprise vont cesser le 14 octobre prochain. En réaction et de façon surprenante, le ministre Lessard des Transports semble ouvrir la porte à une négociation que le directeur général d'Uber ne veut surtout pas publique. Voilà un indicateur inquiétant lorsqu'un ministre réagit aussi rapidement à la pression d'un interlocuteur...
Bien des Québécois et Québécoises n'ont jamais compris le choix de nos dirigeants politiques québécois d'être si tolérants à l'égard d'Uber et surtout de lui avoir offert la chance de se racheter dans le cadre d'un projet pilote. Cette firme n'accepte pas les nouveaux paramètres du projet pilote et menace de partir. Le moment est venu de la laisser partir et de concentrer les ressources de l'État sur la réorganisation de l'industrie du taxi avec la présence de Téo Taxi. Confions à des Québécois le mandat d'offrir un service de voitures taxis efficaces et à la mesure des attentes de la clientèle. Ils ont la compétence pour y arriver avec brio.
André Demers, Québec
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Compenser le taxi?
Devant l'hypothèse où de nouvelles chaînes de restaurants, de nouvelles bannières de dépanneurs, de quincailleries ou autres s'installeront au Québec, doit-on comprendre que le gouvernement dédommagera les propriétaires des commerces déjà établis? Le principe de la libre concurrence fait-il face à de nouveaux paradigmes?
Bertrand Goulet, Québec