Laïcité avant tout

Tous les arguments en faveur de la liberté totale de religion perdent de leur sens lorsqu’on les applique à la politique. Les gens ont la liberté d’adhérer à un parti politique et à leurs opinions, mais ils ne peuvent l’affirmer et l’afficher dans les institutions publiques. Quelle est la différence avec la religion?

Le projet de loi n’empêchera personne d’adhérer à un mouvement religieux et de pratiquer selon ses croyances. La liberté n’est jamais totale, mais sujette à certaines restrictions encadrées par des lois. Les croyances religieuses et leurs pratiques ne seront jamais touchées par ce projet de loi. Le minimum acceptable en société est de ne pas afficher leurs croyances par des signes religieux comme cela se passe en politique dans les institutions de l’État.

Ce sont seulement les visions intégristes qui seront dérangées par ce projet de loi. Indiquer à la société que l’égalité homme-femme est une valeur non négligeable et non négociable est un minimum dans les institutions de l’État. Si Dieu existait, il ne ferait pas de distinction entre ses créatures. À moins que leur Dieu soit un homme. Une femme a prétendu qu’elle devra choisir entre son Dieu et son amour pour l’enseignement. C’est ce genre de dérive et d’argument qui n’a aucune valeur à mes yeux. 

Personne ne lui demande de choisir entre son Dieu et l’enseignement, mais seulement de ne pas l’affirmer et l’afficher. C’est une question de respect envers les autres religions et non-croyants que ces signes peuvent heurter.

Le vivre ensemble exige que des efforts minimums d’intégration à nos valeurs occidentales soient faits par les immigrants et non l’inverse.

Yves Poulin, Québec