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La valorisation de la pratique médicale en CHSLD

Carrefour des lecteurs
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Le Soleil
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Le Collège des médecins du Québec (CMQ), l’Ordre des infirmières et infirmiers du Québec et l’Ordre des infirmières et infirmiers auxiliaires du Québec ont tenu une enquête conjointe au CHSLD Herron et à l’Institut universitaire de gériatrie de Montréal.

Un rapport d’enquête sur la qualité des services médicaux et des soins infirmiers a été produit et, concernant la pratique médicale, un seul problème a été constaté, mais il est de taille. En effet, il est question de «médecins en petit nombre et laissés à eux-mêmes, sans soutien d’un groupe de médecins pour assurer une relève au moment opportun».

Les quelques médecins exerçant par intermittence au CHSLD Herron auraient été abandonnés par leurs pairs et pour remédier à ce manque de soutien, le comité d’enquête recommande au syndicat des médecins de famille de mettre en place des mécanismes pour identifier les CHSLD qui sont à risque de rupture de l’offre de services médicaux et de prendre les moyens nécessaires pour valoriser la pratique médicale en CHSLD.

Ce problème existait avant la pandémie et il était connu. Qu’ont fait le ministère de la Santé et des Services sociaux (MSSS) et la Fédération des médecins omnipraticiens du Québec (FMOQ) pour le régler ? Ils ont fait ce qu’ils savent faire de mieux. Les parties négociantes ont convenu d’une nouvelle mesure : la lettre d’entente no 327 – Prestation continue de services médicaux dans un établissement ayant la mission d’un CHSLD. Cette mesure est entrée en vigueur rétroactivement le 1er avril 2018, elle est toujours active et elle met en place des modalités incitatives visant à assurer, par un groupe de médecins concerté, une prise en charge globale et une continuité des services médicaux auprès des personnes hébergées dans un CHSLD.

Est-ce que ça fonctionne ? La réponse se trouve dans le plus récent rapport du Vérificateur général (VG) du Québec : «Le MSSS ne dispose pas de données significatives sur l’efficacité des mesures incitatives visant à améliorer l’accès aux médecins de famille, bien que les sommes y étant consacrées annuellement soient en constante progression et aient atteint près de 350 millions $ en 2018-2019.»

Voilà comment au Québec, à l’intérieur du processus de négociation, la pratique médicale en CHSLD est valorisée. Ces spécialistes du compromis maîtrisent l’art de contourner les problèmes sans jamais vraiment les régler. La machine à négocier des primes est bien huilée alors que la machine à régler des problèmes reste à inventer. Soyons patients, car moyennant de modestes primes associées à cette formidable tâche, les experts du syndicat des médecins de famille et du MSSS y travaillent.

Daniel Poirier
Stratford