La survie de la Nouvelle-France

L'abondance des fêtes est de nature à banaliser ou à passer à côté du sens profond d'un événement qui a résisté à l'oubli. Le réflexe de chanter, de donner l'accolade, de discourir avec émotion est souvent superficiel. Les Fêtes de la Nouvelle-France s'insèrent dans un cadre festif pour alimenter ce besoin de décorer l'été.
Les parades, les costumes, les expositions, la mise en évidence du pittoresque du passé n'illustrent pas complètement cette réalité de jadis imposant des défis énormes et effroyables.
Le climat et ses humeurs presque meurtriers, le combat impitoyable avec cette nature brutale, le ravage du scorbut, du typhus, de la variole, des remèdes improvisés, le recours à la prière pour les contrer, le courage et la détermination des premiers arrivants mis à rude épreuve, la lutte incessante pour la survie. La fête n'est pas toujours l'écho déchirant de cette souffrance de jadis...
Oui, la commémoration est nécessaire en sachant lui donner tout son espace qui invite à un certain recueillement pour mieux saisir tout le cheminement de la vie. C'est un rituel de solidarité. La vraie leçon de l'histoire.
Douglas Beauchamp, Québec