La question qui tue

C'est presque automatique. Quand je sors, faut qu'on me demande : «Vous allez bien?». Ça se veut gentil... En réalité, cette mode stupide peut s'avérer cruelle, en ce sens qu'elle tourne le fer dans la plaie des personnes souffrantes.
Qui n'a pas de petits, ou gros, problèmes (migraines, deuils, peines d'amour, pépins financiers, crises d'anxiété, insomnies, chicanes, ulcères d'estomac, chômage, arthrose, déprime...)? Qui a envie d'en parler à la caissière de l'épicerie, au préposé à la bibliothèque, au vendeur de souliers? Qui a envie de se renier, de se piler sur le coeur afin d'émettre la réponse positive obligatoire, juste pour faire plaisir à quelqu'un qui s'en fout? Autrement, qui aime dire la vérité à quelqu'un qui s'en fout? «La politesse sera toujours la forme la plus acceptable de l'hypocrisie». Pourquoi y aller avec une question potentiellement irritante, alors qu'un beau bonjour, avec un beau sourire, suffisent amplement à l'accueil?
Apparemment, l'origine de la néfaste habitude remonterait à la Rome antique. On demandait avec sollicitude : «Comment allez-vous à la selle?» car on considérait que la régularité intestinale était un signe de bonne santé. La fin de la phrase se serait perdue.
Vraie ou fausse, j'avoue que cette théorie me réjouit au sujet d'une question qui me fait vraiment ch... (sauf lorsque posée sincèrement par des amis très intimes - ou par mon médecin).
Lorraine Paquet, Québec
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Entre fiels et miels
Les fiels des récentes sorties publiques de David Lemelin à l'égard d'Anne Guérette ne sont pas sans donner un goût très amer aux miels du pouvoir que cultive cette dernière depuis plus de 10 ans. C'est un grand coup d'épée dans les eaux de Démocratie Québec qu'ont déjà poissées les départs fracassants des Paul Shoiry, Yvon Bussières et Isabelle Vaillancourt. Invité ou non, le Louperivois Lemelin cherchait-il à se mettre un os sous la dent? À toutes fins pratiques, il n'a pas raté l'occasion d'astiquer le bunker de Régis Labeaume et de donner altitude et amplitude aux pouvoirs que la loi 122 confère au Premier Magistrat de Québec.
Gerry Pagé, Québec