La prison, au-delà de la mort

«Il risque 150 ans de prison». Ce titre percutant du Journal de Québec du jeudi 29 mars, à la suite du plaidoyer de culpabilité d’Alexandre Bissonnette manifeste, avec éclat, l’aberration d’une loi fédérale passée sous Harper qui modifie le Code criminel pour rendre possibles les peines consécutives pour crimes multiples.

À sa face même et appliquée telle quelle, cette loi enlève à la personne incriminée tout espoir de réhabilitation. Elle ne peut que manifester une attitude vengeresse de l’état qui justifie, par la bande, une condamnation à perpétuité, voire même, une sorte de peine de mort.

De plus, cette modification du Code criminel, ne laissant aucune place à une miséricorde minimale, entre en flagrante incohérence avec le Parti conservateur du Canada, qui manifeste souvent, et publiquement, son adhésion aux valeurs chrétiennes.

Reste à savoir si le parti libéral de Trudeau corrigera ce durcissement injustifié des peines qu’il avait combattues quand il était dans l’opposition. Si c’est comme pour les cibles conservatrices de l’environnement que le PLC avait tant critiquées en campagne électorale, mais qu’il a adoptées telles quelles après six mois seulement au pouvoir, il n’y a malheureusement que peu d’espoir de ce côté.

Néanmoins, il faut continuer de réclamer, et constamment, la fin de ces brutales peines consécutives qui, malheureusement, ont déjà été appliquées.

Réal Nadeau, Saint-Victor