La prison à vie: ridicule

À l'époque, les politiciens gagnaient leurs élections sur des bouts de route. On avait un clou perpétuel sur lequel taper car la route n'allait jamais assez loin et avait toujours des défauts importants à corriger. Aujourd'hui, les Conservateurs ont trouvé leur clou perpétuel pour gagner des votes : la criminalité. Et la solution est aussi toujours la même : la prison.
La dernière trouvaille du gouvernement Harper pour affronter des élections difficiles, c'est la prison à vie, mais alors la vraie vie. Pour une erreur de jeunesse, un jeune de 18 ans pourra vivre enfermé pendant 82 ans. À 100 000 $ par année, montant qui gonflera avec l'inflation, ça fait plus de 8 millions $ investis par les contribuables pour un seul dossier criminel. La punition frappera durement chaque citoyen.
En plus pour les dernières années, ces vieux criminels auront un CHSLD de luxe, avec pleins services alimentaires, infirmiers ou médicaux et aucun risque de manquer d'argent, de se retrouver solitaire. Un vieillard en prison coûte une fortune, c'est connu.
Les criminels ne sont pas des comptables ou des investisseurs boursiers. Personne parmi eux ne se dit que 15 ans de prison ferme et être sujet à un suivi judiciaire à vie est une aubaine, mais qu'à 75 ans de prison ils y réfléchiraient avant de commettre leur meurtre.
Lorsque une organisation criminelle perdra son tueur à gage de service, vous pensez qu'elle ne pourra pas trouver un remplaçant pendant les 80 années suivantes?
Mais les Conservateurs ne font pas appel à la raison. Ils évitent soigneusement de consulter les experts en criminologie. Ils font appel aux tripes des électeurs. «Si vous croyez en la réhabilitation des criminels, vous êtes contre nous mais pour les criminels. Si vous croyez dans le remède universel proposé qu'est la prison, votez pour nous.»
Jeannot Vachon
Québec