La peur est un terreau

Qu'est-ce que le terrorisme sinon essayer de faire entendre ses revendications ou de modeler le comportement d'autres personnes par la peur?
Dès qu'on souhaite que quelqu'un agisse à notre façon, et que nous acceptons que cette personne agisse par crainte des représailles, alors nous utilisons la peur comme moteur d'action. Nous devenons des agents du terrorisme qui, bien qu'à petite échelle, alimente le terreau pour que les «extrêmes» s'y nourrissent. Rien à voir avec Alexandre Bissonnette, vous me direz? Et si, au lieu de chercher à punir des «fautifs», on mettait nos énergies à «repriser» le tissu social, à «retisser» les fils qui s'en échappent d'une manière ou d'une autre, peut-être pourrions-nous, pour tous les «Alexandre Bissonnette» de ce monde, créer un sens de communauté?
C'est une réflexion de société que les derniers événements nous invitent à faire. Une invitation à revoir tous nos systèmes législatifs qui se veulent dissuasifs par les peines qu'ils brandissent, espérant que la peur de la punition nous fera «marcher droit». De même avec les systèmes de récompenses dans les milieux scolaires ou professionnels, parce qu'une récompense a toujours sa contrepartie et la peur d'en être privé demeure un moteur d'action axé sur la peur!
Sans s'oublier, nous les parents, lorsque nous brandissons des «conséquences». C'est difficile à admettre, et c'est le premier pas à faire vers le changement... Oui, parfois, moi aussi je suis «terroriste»... et j'essaie de m'en sortir!
Jacinthe Fortier, Québec
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Une place pour tous
En réaction au texte «On a créé un monstre» paru le 1er février
Comme le rappelle Annie Mathieu, l'intimidation à répétition risque de bouleverser profondément la vie de celui ou celle qui la subit. J'irais plus loin. L'intimidé vit, lui aussi, dans un milieu qui place la richesse, la consommation, le pouvoir, la puissance en première place. L'espace consacré à l'éducation, à l'écoute de l'autre, à la formation humaine, à la morale sociale, aux arts, au théâtre, à la musique, etc. arrive en seconde position, et encore. L'intériorité de la personne en souffre. La confiance en soi et en l'autre s'affaiblit. Le respect de l'autre se ratatine. Le spectacle final est celui que nous voyons chez nous, autour de nous, sur la planète. Reste maintenant à se donner tous ensemble un projet de société pour que chacun puisse y trouver son projet personnel.
Yvon Dubuc, Québec