Carrefour des lecteurs

La peur d'une dérive

Monseigneur Lacroix dit avoir peur des dérives concernant l'euthanasie ou l'aide à mourir. Or, Monseigneur, c'est vous-même et votre religion qui prenez une dérive fondamentaliste en vous opposant aux progrès de la société et aussi aux droits fondamentaux de la personne.
Pourquoi refuserions-nous d'assister un être humain en phase terminale? Qu'y a-t-il d'humain dans le maintien de la souffrance chez un être condamné? Pourquoi ce qui est compassion envers un animal devient-il un meurtre pour un être humain? Une personne atteinte d'une maladie incurable, dont la souffrance est intolérable, doit-elle s'exiler aux Pays-Bas pour que la libération qu'elle désire lui soit accordée? Quels sont ses droits réels?
Qu'on améliore la qualité des soins, mais pour les malades sans espoir de guérison, n'est-ce pas à eux, et à eux seuls, de faire le choix? La qualité des soins n'est pas et ne sera jamais la qualité de vie. Le malade doit pouvoir décider de son sort, choisir une alternative et, possiblement, changer d'idée, car tout choix est révocable. Mais il est le seul à pouvoir juger du moment où ses souffrances, autant morales que physiques, deviennent intolérables.
Le débat qui oppose les candidats à une mort assistée aux corps médical et légal est déjà assez épineux sans que la religion vienne s'en mêler. Pourquoi les évêques viendraient-ils brouiller les cartes en semant la peur?
Andréa Richard, Trois-Rivières