Bernard Drainville

La morale selon Bernard Drainville

Bernard Drainville s'est révélé sans pareil pour fustiger le manque d'éthique des libéraux et dénoncer à répétition, spécialiste des exécutions sommaires, le viol des principes moraux chez les autres. Il devrait méditer aujourd'hui le propos suivant du philosophe Alain : «La morale n'est jamais pour le voisin, sinon il ne s'agit plus de morale, mais de moralisme».
En démissionnant à mi-mandat pour un emploi à la radio, il oublie qu'il avait été, en 2013, très dur pour un député démissionnaire qui «ne respecte pas le contrat moral qu'il a pris avec ses électeurs» et entraîne une élection partielle coûteuse. Un an plus tôt, à l'adoption de la loi 3 sur les élections à date fixe qui visait à mettre les principes démocratiques au-dessus de la partisanerie, il déclarait : «On a des principes ou on n'en a pas, et on ne renonce pas à un principe parce que le panorama politique change. Un engagement moral, précisait-il, que le gouvernement soit majoritaire ou minoritaire». Pourtant, l'engagement a été bafoué et son gouvernement minoritaire a déclenché les élections au moment qu'il pensait lui être favorable.
Monsieur Drainville, les principes ne valent-ils donc que pour les autres?
Romain Gagné, Québec