La misère des riches

Mardi soir, le journal télévisé de RDI commençait par une référence explicite au drame épouvantable des Rohingyas birmans et au silence étourdissant de la communauté internationale à ce sujet. N'aurait-il pas fallu ajouter: au silence complet des médias de nouvelles continues sur ce même sujet ?
En effet, depuis l'annonce des approches éloignées d'Irma, les grands médias n'en ont eu que pour ce monstrueux ouragan qui allait détruire de nombreuses petites îles de la Caraïbe mais, surtout, la Floride. Comme c'est souvent malheureusement le cas, les différentes présentations ont fait montre de «discrimination»: la riche Floride ayant priorité sur les autres îles durement touchées, y compris Cuba, les pauvres touristes québécois et canadiens, sur les populations autochtones de ces petits pays insulaires.
C'est comme si les tragédies quotidiennes des autres peuples et régions s'étaient soudainement évanouies, laissant toute la place à ce désastre qui a touché surtout la Floride des riches USA de même que les touristes malheureux obligés de subir des nuits d'angoisse en attendant l'avion sauveur dépêché par ce gouvernement Trudeau trop lent à agir.
Peut-être que nos médias de nouvelles continues pourraient arrêter de réduire la nouvelle à ce qui nous touche immédiatement et que, dans des circonstances semblables, ils pourraient à l'avenir réserver quelques minutes de chaque heure aux autres drames qui ne manquent pas de toucher d'autres parties de l'humanité. Alors, peut-être, la tragédie humaine de Rohingyas aurait pu sortir de l'écrasant silence et venir toucher les gens d'ici.
Normand Breault, Montréal