La mince ligne rouge

Un débat qui revient de façon cyclique dans l'actualité refait surface cette semaine. Après l'ADQ et le PQ, c'est au tour de la CAQ de questionner le taux d'immigration du Québec considérant notre difficulté collective à intégrer nos immigrants. Je ne crois pas que les questions soient injustifiées, mais il semble qu'il soit difficile au Québec de soulever un tel débat sans un dérapage indécent de part et d'autre.
La racine du problème est la même que celle soulevée lors des auditions de la commission Bouchard-Taylor, soit le manque de balises claires au Québec. Comme on le dit souvent, «c'est le fun quand c'est clair ».
Le PLQ entretient la mince ligne rouge dans ce débat par opportuniste politique au même titre qu'il parle de souveraineté de façon périodique pour garder un certain niveau de crainte notamment chez les anglophones. Nous sommes seulement en 2016 mais il faut se poser la question dès maintenant: peut-on continuer dans un régime démocratique en prenant constamment des décisions en fonction de la peur de l'autre ou peut-on avancer comme société et parler d'enjeux sans provoquer de tempête médiatique? Il nous faut un changement de paradigme au Québec et je crois que la CAQ n'est pas très loin de représenter ce changement. Il reste à voir ce que le PQ va devenir. 
Guillaume Boivin, Québec