Jennifer Rodrigue partage son quotidien avec son conjoint, huit enfants, 600 moutons et maints animaux à la Ferme Bé-Ro.

La leçon de vie d'une agricultrice

En réaction au texte «Agricultrice : une vie mouvementée» de Luce Dallaire, publié le 20 juilletMadame,Je viens, par la présente, vous féliciter pour votre excellent article. Quelle belle histoire que celle de Jennifer Rodrigue, cette agricultrice qui a décidé d'être une femme heureuse à partir de données complexes, mais au fond toutes simples : l'amour du travail bien fait, la ténacité, et le goût de vivre intensément. La société devrait prendre exemple de cette femme merveilleuse qui, en toute simplicité, nous fait la démonstration de ce que veut dire la conciliation travail-famille. Une femme qui peut allaiter et faire un examen en même temps; une femme qui peut livrer les paniers de victuailles à peine quatre jours après avoir accouché; une femme, qui malgré autant d'occupations, peut trouver le moyen de retourner aux études pour augmenter ses compétences. C'est quelque chose qu'on voyait il y a 50 ans, c'est presque surréaliste aujourd'hui.
Ce n'est pas en rechignant sur son sort, pas non plus en faisant des grands discours, et encore moins en manifestant dans la rue qu'elle a réussi à se créer un si bel environnement, beaucoup trop occupée à s'occuper des vraies affaires : son rôle de mère et de femme, son amour pour les animaux, son respect de la nature et sa passion de l'agriculture. C'est ainsi qu'elle est devenue non pas seulement une agricultrice accomplie, mais aussi, et surtout, une personne qui possède tous les attributs d'une mère, d'une conjointe, d'une entrepreneure, bref d'une femme responsable et aimante, fière et heureuse.
Même si votre article, et c'est compréhensible, ne va pas dans tous les détails, on peut quand même en déduire que Mme Rodrigue n'a pas laissé l'État (le gouverne-maman) se substituer à ses obligations de mère en particulier. Elle ne semble pas non plus avoir confié la responsabilité d'élever et d'éduquer ses enfants à des étrangers. Manifestement, elle ne peut pas non plus compter sur la syndicalisation qui procure toutes sortes d'avantages à la majeure partie de la société d'aujourd'hui (congés annuels, congés spéciaux, congés de maladie, congés parentaux, vacances annuelles, semaine de travail de 35 heures, etc.).
Par son exemple et sa façon d'être, Jennifer Rodrigue nous donne à tous une véritable leçon de vie. Elle reflète le bonheur, on le voit dans son beau visage souriant, et elle s'est créé une vraie liberté bien à elle.
Mille fois bravo à Mme Rodrigue, et merci à vous, Mme Dallaire, de nous l'avoir fait connaître.
Yvon Savard, Saint-Augustin-de-Desmaures