La laine pure et la souche française

L’altercation entre Diane Blain et le premier ministre Justin Trudeau a ramené au grand jour la fameuse expression «Québécois de souche». Il y a peu d’expressions qui me rendent aussi perplexe qu’une personne se considérant «de souche» ou «pure laine».

Ces gens ont-ils fait un test d’ADN ou retracé leur arbre généalogique jusqu’aux premiers colons pour se permettre d’étaler fièrement la «pureté» de leur race? Et même si c’était le cas, leur souche est-elle française, irlandaise, écossaise, anglaise ou autochtone? J’imagine que Diane Blain, et plusieurs autres de mes compatriotes, se considèrent de souche française.

Mais comme le rappellerait à ces derniers l’ancien président de la République française, François Mitterand : nos ancêtres sont un peu gaulois, germain, juif, italien, espagnol, portugais, polonais et, peut-être même, un peu arabe. De quoi dresser les poils des patriotes les plus fiers!

Remettre en cause les politiques du gouvernement en matière d’immigration, ou quelque autre thème qui soit, est légitime et sain pour notre démocratie. Cependant, lorsque ces critiques sont alimentées par un discours d’eux versus nous, c’est là que la pente commence à être glissante. Et c’est là que je m’interroge sur les réelles motivations derrière ces dénonciations.

Rali Jamali, Montréal