La gauche intolérante et bienvenue

Je suis de gauche et je constate que la droite ferme, voire radicale, est maltraitée dans le discours public. Quant à la gauche ferme, voire radicale, elle est bienvenue. Il y a un double standard à ce sujet, au Québec. Une certaine gauche bon chic bon genre (BCBG) a pris en otage le discours public en diabolisant ceux qui pensent différemment d'elle. Il n'y a plus de place pour les nuances.
Si Trump ou Le Pen sont populaires, c'est notamment (pas en totalité) à cause de cette gauche radicale BCBG qui exaspère ceux qui subissent ses accusations injustes et qui finissent, eux aussi, par se radicaliser. On ne devrait pas être en réaction et répondre au radicalisme par le radicalisme, mais la réalité nous démontre que cela survient souvent. Je vais résister à «voter radical» mais plusieurs personnes y succombent. On se laisse ainsi charmer par le radicalisme de droite... ou le radicalisme de gauche. 
La différence entre les deux est que le premier est mal perçu par les bien-pensants de la clique politico-médiatique (surtout montréalaise), alors que le deuxième est (étrangement) bien accueilli, même s'il n'est pas moins dangereux..
David Doyon, Québec
Le Port de Québec, un État dans l'État
La chronique de François Bourque du 16 janvier nous démontre encore une fois l'inculture et l'irresponsabilité de l'administration du Port de Québec.
Invoquant son statut d'institution fédérale n'ayant pas à tenir compte des lois québécoises et des règlements municipaux, elle s'arroge sans vergogne le droit de modifier le paysage de Québec au nom de l'expansion du Port vers Beauport. 
Ce projet est de même nature que celui de la construction de condos autour du bassin Louise. Il est clair que l'administration portuaire se prend pour un État dans l'État. Il serait temps que le gouvernement du Québec intervienne auprès du gouvernement fédéral pour mettre fin à ce cirque et auprès du maire Labeaume pour qu'il cesse de s'extasier devant tout projet conçu à leur profit par les «promoteurs de développement». 
«Aux armes citoyens!» comme disait un certain hymne national...
 Louis Garon, Québec
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Il n'y aura pas de réforme du mode de scrutin à Ottawa
Au lendemain des élections fédérales, quand Justin Trudeau a nommé Maryam Monsef au poste de ministre de la Réforme démocratique, considérant la jeunesse et l'inexpérience de la nouvelle recrue, je me suis demandé si la promesse phare du premier ministre allait être respectée, à savoir moderniser un système électoral inadéquat, pour ainsi répondre aux attentes des Canadiens. Quand je l'ai vue faire des déclarations incendiaires, se mettre à dos les partis de l'opposition, rejeter le rapport du comité spécial sur le nouveau mode de scrutin et lancer un sondage bidon sur la question, j'ai compris qu'elle avait été mise là exprès, pour faire capoter le processus.
Pour me détromper, il aurait fallu que M. Trudeau nomme en remplacement une personne d'expérience, rassembleuse, capable de mener à terme la tâche titanesque de réformer le mode de scrutin. Mais non, il a choisi Karina Gould, 29 ans, qui possède une expérience tout aussi limitée que sa prédécesseure[1]. Tout porte à croire que le même scénario se répétera avec elle, qui sera envoyée à l'abattoir comme la première.
En clair, M. Trudeau a compris que le système électoral actuel servait bien le Parti libéral et, considérant sa popularité et la faiblesse des autres partis, qu'il pourrait remporter la prochaine élection avec la même majorité que la première, même si le pourcentage des voix ne dépasse pas 40 %. Alors, pourquoi changer?
Sylvio Le Blanc, Montréal