La désobéissance et le progrès

La motion proposée par Éric Caire à l’Assemblée nationale, dénonçant tout recours à la désobéissance civile, me semble tout à fait ridicule. Qu’est-ce en effet que la désobéissance civile? Il s’agit d’un acte public et non violent qui consiste à désobéir à une loi considérée injuste. Comme le nom l’indique, ceux ou celles qui pratiquent cette forme de désobéissance le font de manière civile et non criminelle. Convaincus de la justesse de leur cause, ils acceptent les conséquences de leur acte : arrestations, amendes.

On a beau ne pas vivre dans une dictature, comme l’écrit M. Caire, cela ne signifie pas que toutes les lois et tous les règlements ici sont justes et qu’ils ne méritent pas, à l’occasion et dans l’urgence de la situation, d’être dénoncés en refusant d’y obéir. La désobéissance civile ne vise pas le chaos général, mais le progrès social. Une motion ou un règlement qui s’oppose à un acte consistant à ne pas obéir ne peut pas servir à grand-chose.

Il y a eu suffisamment d’intimidation policière durant la fin de semaine du G7. Il ne faudrait quand même pas que l’Assemblée nationale en rajoute une couche.

René Bolduc, Québec