La CSeries: le temps est un prédateur!

Si Bombardier avait su d'avance à quel point la Cseries, dans ses versions CS100 et CS300, lui ouvrirait une boîte géante de Pandore, le projet aurait été tué dans l'oeuf très rapidement. Une pléthore de malheurs occasionne des délais dans le développement sur l'échéancier initial, les incidents techniques, le manque de financement et, pour ajouter, les ventes sont loin du seuil de la rentabilité. Ouf! Voilà bien un bilan assombri.
Imaginez! La Caisse de dépôt et placement du Québec a dû investir à nouveau pour y injecter de la vitamine. Les pourparlers avec Airbus n'ont pas donné les résultats escomptés, le carnet de vente n'a que 243 commandes fermes alors que la rentabilité exige maintenant 800 appareils. Nous comprenons clairement pourquoi Bombardier lève sa jupe à tout partenaire aux reins solides. 
Mais Bombardier, avec son fer de lance et l'espoir dépouillé, est-elle la seule à croire aux vertus mal ficelées de la Cseries plutôt qu'à des remotorisations d'avions régionaux? Crier au loup serait-il tabou? Comment financer la fin du développement? Pourquoi fait-on entrer en Bourse unie partie minoritaire de la division ferroviaire? Il n'y a pas de quoi ouvrir le champagne à court terme, car le projet n'atterrira pas sur la piste du succès bientôt, il y a un boulet aux pieds et le temps est un prédateur.
Michel Beaumont, Québec